Jacques Roubaud
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Ein Clown (German)
Un clown
Je l’ai connu, vois-tu, plaisantin infini, riche des plus époustouflantes dérisions. Il m’a porté sur son dos des milliers de fois Riant du rire de ses lèvres dix fois rouges. Où sont tes sarcasmes maintenant ? tes gambades ? tes sauts périlleux ? tes masques ? tes insolences ? tes blagues, tes discours, d'éclairs effervescents qui faisaient pleurer d’hilarité les enfants ? Regarde-le se moquer de ses moqueries, la mâchoire béante figée en un rictus, maintenant que le vent ricane entre ses joues vides. Sa perruque est pourrie, le temps délave son fard noyé dans l’eau perfide de la mort. Le vois-tu Horatio ? hélas, pauvre Yorick "



